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Guide pratique des études en français 2012-2013: VI. Les travaux

VI. Les travaux

  1. Les travaux écrits

    1. Règles générales
      1. Le plan
      2. L’introduction
      3. Le développement
      4. La conclusion
      5. La rédaction
      6. La présentation
    2. Remarques particulières pour la composition (cours de langue)
      1. Le développement
    3. Remarques particulières pour la dissertation (cours de littérature)
      1. La recherche bibliographique
      2. L’introduction
      3. La conclusion
      4. La bibliographie
    4. Remarques particulières pour les travaux de linguistique
  2. L’exposé oral

    1. Règes générales
      1. Présentation
    2. Remarques particulières sur l’exposé oral dans les cours de langues
      1. Le choix du sujet
      2. Préparation et présentation de l’exposé
    3. Remarques particulières sur l’exposé oral dans les cours de littérature
      1. La présentation
  3. La traduction

    1. La préparation
    2. Les niveaux de langue
    3. Les registres
    4. Étape spontanée
    5. Passer du spontané au réfléchi
    6. Passer du réfléchi au “critique”

A. Les travaux écrits

1. Règles générales

Afin de vous aider à procéder méthodiquement dans l’élaboration de vos travaux écrits, voici quelques brèves indications qui seront développées dans vos cours, suivant les exigences particulières de vos instructeurs.

Pour réussir un travail, se donner les meilleures chances d’obtenir une bonne note, mais surtout de tirer le meilleur profit intellectuel de l’exercice, il est impératif de commencer le plus tôt possible.

Assurez-vous d’abord de bien comprendre ce qui vous est demandé.

  • Analysez le sujet qui vous est proposé.
  • Cherchez les mots que vous ne comprenez pas.
  • Soulignez les mots clefs.

Que ce soit pour un cours de langue ou de littérature, vous devez respecter les consignes qui vous sont données:

  • marges
  • sauts de ligne
  • nombre de pages
  • utilisation d’exemples particuliers…

Il est inutile et dangereux d’écrire un travail plus long, même si vous en êtes capable.

A chaque étape de l’élaboration de votre travail, demandez-vous si vous vous situez toujours dans le cadre que vous vous êtes fixé.

  • Pourquoi avez-vous choisi telle perspective plutôt qu’une autre?
  • Quels sont les enjeux que soulève le sujet que vous avez choisi?
  • Que cherchez-vous à communiquer à votre lecteur?
  • Vous demande-t-on de présenter simplement des faits sans les interpréter?
  • Vous demande-t-on de chercher à démontrer la validité ou l’invalidité d’une position théorique?

Ne perdez pas de vue votre sujet principal.

Pour bien vous faire comprendre de votre lecteur, en l’occurrence le professeur qui vous évaluera, vous devez répondre aux exigences de votre travail écrit dans des formes attendues et reconnaissables: il faut pour ceci un petit peu de méthode.

Le plan

Il ne suffit pas que votre travail ait l’air d’être organisé: il faut qu’il le soit. C’est pourquoi il est nécessaire de faire un plan, un schéma, un guide avant de commencer à écrire. Le plan est comme une progression, une route qui rejoint les points principaux, pour la personne qui vous lit: cette personne rencontre différents aspects du problème traité à mesure de sa lecture, de sa progression dans la découverte de votre texte. Il est donc impossible de tromper son lecteur, puisque celui-ci découvre et suit la route que vous êtes en train de tracer pour lui. Ce plan vous permet également de ne pas vous perdre, de rester ordonné quand vous écrivez le devoir.

Le plan permet de découper votre raisonnement et vos idées par thèmes, par aspects différents. Chaque partie montre que votre pensée avance et évolue par rapport au passage précédent. C’est au plan que l’on voit si vous dominez ce que vous dites ou si vous dites un peu n’importe quoi selon l’inspiration du moment. C’est aussi en considérant le plan que l’on juge de la pertinence des répétitions lorsqu’il y en a.

Il est sage d’attribuer à chaque point du plan la longueur prévue (en nombre de pages) de son développement et de vérifier si le total des pages ainsi attribuées correspond à la consigne donnée par l’instructeur. Ainsi, vous vous rendrez compte sur le champ si vos ambitions sont réalistes. Ne pensez pas pouvoir faire tenir en un paragraphe d’introduction un résumé de l’histoire littéraire du Canada français des origines à nos jours!

Si vous vous obligez à faire un vrai plan, vous éviterez de vous perdre dans la passion de vos propres idées, ou dans le désordre des faits que vous voulez présenter. Le plan vous aidera à distinguer les choses importantes des points inutiles ou superflus. Il vous forcera à présenter des opinions différentes de la vôtre. Quelle que soit la position que vous présentez, défendez ou attaquez, il faut toujours l’expliquer et la justifier, signaler quelle est son origine et pourquoi elle est légitime.

L’introduction

L’introduction, comme le mot l’indique, introduit le sujet comme il vous est posé (citation principale, thème…). Elle se compose de plusieurs étapes:

  • Essayez dans une première phrase d’attirer l’attention, d’éveiller l’intérêt de votre lecteur, par exemple en présentant une courte anecdote, un aperçu historique du problème, un trait frappant, paradoxal ou original.
  • Il faut ensuite poser le sujet (dites pourquoi il vous intéresse personnellement si vous voulez).
  • Il faut enfin annoncer l’ordre de ce que vous allez aborder, mais sans entrer dans les détails. Il ne s’agit pas de donner un résumé, mais simplement de préparer le lecteur à ce qui suivra. C’est-à-dire que vous ne devez donner que votre plan. Donnez donc seulement les thèmes, les étapes de votre étude.

La longueur de votre introduction doit correspondre approximativement à 10% de la longueur totale de votre travail. Évitez donc les introductions “fleuves”.

Le développement

C’est dans le corps de votre travail, le “développement”, que vous développerez point par point les idées que vous aurez ordonnées dans votre plan.

Quel que soit le sujet proposé, votre développement doit être dynamique:

  • Commencez par ce qui vous semble le moins important pour terminer par les arguments ou les éléments qui vous semblent essentiels.
  • Ne terminez pas par un point secondaire.

Un paragraphe ne dit pas tout sur un sujet, il présente seulement un aspect du sujet concerné. Vous devriez être capable de résumer en une phrase chaque paragraphe de votre devoir. Si le résumé ne correspond pas au message principal du paragraphe, c’est que le paragraphe doit être coupé ou réorganisé. Chaque paragraphe se termine par une phrase de synthèse qui résume de cette manière le passage correspondant.

Certains travaux démarrent avec une bonne introduction, mais, une idée en entraînant une autre, s’égarent complètement du sujet annoncé après quelques pages. De tels travaux ne reçoivent pas de très bonnes notes. Si vous vous écartez de votre plan initial, c’est l’ensemble de votre travail qu’il faut revoir; ne pensez pas qu’un développement inséré au hasard s’ajustera comme par magie au reste de votre devoir.

Les idées viennent souvent au fil de l’écriture. Au cours de la rédaction, vous verrez peut-être votre sujet d’un nouvel angle, vous remarquerez peut-être un détail qui vous avait échappé. Si cela vous arrive, il est toujours temps de modifier votre plan (à condition, bien sûr, que vous n’ayez pas commencé à travailler la veille de la date de remise de votre devoir: voir la première règle énoncée dans ce chapitre). Revoyez alors la distribution générale de vos arguments et faites les modifications nécessaires.

* Pour plus de détails concernant le développement de la composition et de la dissertation, voir les remarques particulières aux points VI.A.2 et VI.A.3.

La conclusion

La conclusion ne doit pas répéter ce que vous avez développé, mais souligner les principaux aspects du problème que vous avez présenté. Il faut y ajouter une perspective plus générale, qui signale pourquoi cette question est intéressante.

La conclusion montre qu’il y a eu une évolution dans votre présentation, puis explique pourquoi cette évolution a une valeur (pour vous, pour la discipline…).

La conclusion doit avoir à peu près la même longueur que l’introduction, c’est-à-dire 10% de votre travail.

La rédaction

Au moment de rédiger votre travail, assurez-vous d’exprimer vos idées dans un style appartenant au registre de l’écrit. Travaillez avec une grammaire, un bon dictionnaire bilingue et un dictionnaire unilingue. Appliquez ce que vous avez appris dans vos cours de langue:

  • On exclut de la composition les exclamations gratuites et les phrases à forte subjectivité orale telles que:
    • «C’est ça que je veux dire»
    • «moi je pense que»
    • «je vais dire que»…
  • Le pronom «ça», fréquent à l’oral, est bien souvent à remplacer par «cela», son équivalent écrit.
  • Il faut utiliser un vocabulaire soutenu, faire des efforts d’expression (pas de «chouette», «chum», «O.K.», évitez les mots marqués populaires» (pop.), «familiers» (fam.), «argotiques» (arg.), «vulgaires» (vulg.), dans le Petit Robert ou *, **, *** dans le Robert-Collins).

Voici quelques conseils pour présenter vos idées sans dire «MOI, JE» à tout moment, et varier la présentation de vos opinions:

  • «Il nous semble/ apparaît que…»
  • «Selon nous,…»
  • «D’après nous,…»
  • «À notre avis,…»
  • «Si l’on en croit X,…»
  • «Nous pensons/ croyons que…»
  • «Il s’avère que…»
  • «Nous pensons pouvoir dire/ soutenir/ observer…»
  • «Nous remarquons/ notons/ voyons que…»

L’utilisation de «nous», de «on», des tournures impersonnelles ou du passif est bien pratique (reportez-vous à votre grammaire pour des indications plus amples sur ces structures).

Soignez les transitions entre les paragraphes. Pour indiquer les oppositions, les différences, les contrastes, les complémentarités, les conséquences, etc., entre un passage et ce qui précède, utilisez:

  • «Par ailleurs…»
  • «Il ne faut pas oublier que…»
  • «Bien sûr, il faut considérer d’autres aspects complémentaires…»
  • «Si l’on aborde la question sous un autre angle…»
  • «Malgré tout ceci…»…

Ceci n’empêche pas d’avoir aussi recours à des marqueurs de logique de l’argumentation (ou connecteurs) à l’intérieur de chacun des paragraphes:

  • «Mais…»
  • «Par contre…»
  • «Cependant…»
  • «De ce fait…»
  • «C’est pourquoi…»…

Attention aux problèmes grammaticaux courants que vous pouvez corriger aisément à l’aide de votre dictionnaire ou de votre grammaire:

  • la structure des verbes courants à propos desquels vous avez des difficultés:
    • dépendre DE,
    • s’intéresser À,
    • croire Ø quelque chose,
    • épouser Ø quelqu’un,
    • sembler Ø être,
    • penser À…
  • les noms qui vous posent problème à cause de leur genre
  • les conjugaisons (voir le BESCHERELLE).
  • l’orthographe (consultez votre dictionnaire)
  • les points de grammaire élémentaires (consultez votre grammaire)
  • les répétitions
    • Il existe des synonymes, des procédés de transformation qui permettent d’éviter les lourdeurs et les répétitions.

Vous trouverez un guide simple et utile de ces expressions à la fin (ou au milieu dans la dernière édition -- voir les pages centrales bleues p. 28-35 et p. 64-71) de votre dictionnaire bilingue Robert-Collins. Ce sont des trucs pratiques et efficaces pour introduire une idée de manière plus forte, donner du dynamisme à votre travail ou trouver un développement quand vous n’avez pas beaucoup d’idées.

Un bon dictionnaire vous aidera également à trouver toutes les nuances exactes du sujet, du thème, les aspects auxquels vous n’avez peut-être pas pensé et qui peuvent vous permettre de faire «rebondir» votre travail.

Pour tout travail écrit de niveau universitaire (composition ou dissertation) un «micro» dictionnaire ou un dictionnaire bilingue NE SUFFIT PAS. Consultez un dictionnaire complet comme le Petit Robert. Dans certains dictionnaires de nature encyclopédique, vous trouverez, en plus des exemples et des citations, des explications (personnages célèbres, courants philosophiques et littéraires, connaissances communes autour d’une notion, etc.).

La présentation

Soignez la présentation de votre travail. Une copie négligée peut nuire à l’évaluation de votre devoir.

  • Évitez les ratures.
  • N’ajoutez pas les accents au crayon à la dernière minute. Apprenez à utiliser efficacement votre traitement de texte.
  • N’oubliez pas de souligner les titres des œuvres ou mieux de les mettre en italiques. Ne les mettez pas entre guillemets.
  • Ne mettez pas une lettre majuscule à chaque mot des titres. En français, seul le premier mot (parfois le second, quand le premier mot est un article), les noms propres et les mots qui suivent un point, débutent par une majuscule.

Exemples:

À la recherche du temps perdu

Une saison dans la vie d’Emmanuel (ou Une Saison dans la vie d’Emmanuel)

Le Signe. Histoire et analyse d’un concept

  • N’oubliez pas la pagination.
  • Vérifiez que les pages sont dans le bon ordre.

Votre travail doit comporter une page titre avec votre nom, le sujet exact, le nom du professeur, le code du cours, la date.

Un ou deux jours après avoir terminé votre travail, relisez-le soigneusement.

2. Remarques particulières pour la composition (cours de langue)

Comme tout travail écrit, la composition doit être organisée suivant un plan logique (voir plus haut), mais c’est surtout la qualité de votre langue et l’efficacité avec laquelle vous l’employez qui doivent être démontrées dans cet exercice.

La composition est personnelle, c’est-à-dire qu’elle exprime votre opinion, vos idées sur un sujet qui vous est imposé. Il vous est interdit de:

  • changer le thème du sujet qui est proposé
  • couper le sujet pour ne traiter que ce qui vous intéresse
  • ne pas répondre au sujet posé

On s’attend à ce que vous justifiiez vos positions et qu’elles se distinguent clairement de celles que vous rapportez. Quand vous citez les idées des autres, vous avez le droit de les contredire dans un esprit de justice pour leur auteur. Il faut toujours, quelles que soient les circonstances, attribuer les idées, les citations, à leur propriétaire légitime. On peut vous accuser de plagiat (plagiarism) si vous omettez de le faire (voir section V.A.5).

Une bonne composition se travaille, mais les meilleures montrent un peu de passion et d’inspiration.

Le développement

Le développement doit être varié et présenter une vue générale du problème posé: vous ne pouvez pas ne donner qu’un seul point de vue, même si c’est le vôtre. On attend un débat, une énergie dans la démonstration, un peu de polémique: signalez rapidement qu’il y a d’autres visions possibles que celle que vous favorisez.

Votre culture générale peut servir à enrichir votre texte, mais faites preuve de discernement: c’est à vous de voir s’il est pertinent de citer un proverbe, une chanson du Top 50, un poète latin, un scientifique oublié ou un romancier existentialiste. Un petit nombre de citations bien choisies est toujours le bienvenu (le Petit Robert en donne plusieurs à chaque mot, mais n’en abusez pas: rappelez-vous que tous vos collègues étudiants le consultent!). Rappelez-vous qu’un bon exemple bien expliqué ou bien présenté vaut mieux que de longs discours.

3. Remarques particulières pour la dissertation (cours de littérature)

L’étude de la littérature, comme toute autre discipline, exige rigueur et méthode. Dès vos premiers cours, vous réaliserez qu’il ne suffit pas de lire et d’interpréter vos lectures librement pour réussir. Vous serez d’abord amené à enrichir vos connaissances en histoire et prendrez vite conscience de l’importance du contexte culturel qui accompagne chaque œuvre. Vous serez appelé également à réfléchir sur la place de la littérature dans l’ensemble des productions culturelles et à exercer votre sens analytique et critique.

Les différentes approches, qu’elles relèvent, par exemple, de la critique textuelle, de la sociocritique, de la sémiotique, du féminisme ou de la psychanalyse, ont toutes en commun qu’elles exigent une excellente maîtrise de la langue. Un bon cours de littérature fera du lecteur par plaisir que vous êtes, un lecteur spécialisé sensible aux enjeux propres à l’écrit, capable d’identifier les rouages du processus créateur et d’apprécier la portée d’une œuvre sur un public. La dissertation vous permettra de mettre ces nouvelles connaissances techniques à l’épreuve.

On ne vous le répétera jamais assez, n’attendez pas la veille du jour où vous devez remettre votre devoir pour commencer à travailler. Une dissertation est un travail stimulant de réflexion et de maturation.

Relisez l’œuvre en fonction du sujet proposé. Avant de lire des sources secondaires, il est essentiel d’avoir une connaissance approfondie de l’œuvre (ou des œuvres) sur laquelle porte le sujet.

Lors de cette lecture, relevez les passages qui vous semblent particulièrement pertinents dans le cadre du sujet proposé et qui vous serviront d’illustrations. N’oubliez pas d’indiquer dans vos notes la page où se trouve l’extrait.

Faites une liste des idées qui vous viennent, des points qu’il vous semble important d’aborder.

Posez des questions à votre instructeur pendant ce processus de maturation. Il ou elle sera en mesure de vous guider et de vous suggérer des pistes ou des outils.

La recherche bibliographique

Quand vous aurez terminé votre relecture de l’œuvre, lisez quelques sources secondaires bien choisies. Les outils électroniques de recherche bibliographique sont de plus en plus sophistiqués et permettent de trouver rapidement des centaines de références sur un sujet donné. Il n’est pourtant pas recommandé de s’aventurer au hasard dans un catalogue informatisé, un index périodique, ou, pire, de simplement prendre ce qui se trouve sur un rayon de la bibliothèque. Un travail de premier cycle ne nécessite pas en général une recherche bibliographique exhaustive. Commencez donc par consulter la bibliographie fournie par le professeur ou celle qui se trouve à la fin d’une bonne édition critique de l’œuvre que vous voulez étudier. Si vous n’avez pas le temps de lire un ouvrage en entier, consultez la table des matières et l’index afin de repérer le ou les chapitres qui traitent de l’œuvre ou de la problématique qui vous intéresse. En lisant ces chapitres, vous rencontrerez certainement des notes contenant des références bibliographiques. Vous serez alors guidés vers des articles plus spécialisés.

Une fois que vous aurez fait ce premier dépouillement, si vous n’êtes toujours pas satisfait de ce que vous avez trouvé ou que le matériel que vous avez consulté vous semble daté (si vous n’avez rien lu qui n’ait été publié après 1950, par exemple), consultez un index informatisé ou les derniers volumes d’une revue spécialisée. Le catalogue informatisé des ouvrages stockés dans les bibliothèques du campus permet, à partir de n’importe quelle console, d’interroger la banque de données et d’affiner ses recherches (en recourant aux listes d’auteurs, de titres [livres, revues, journaux], d’index, etc.).

Si vous avez de la difficulté à trouver des sources ou à juger d’un ouvrage ou d’un article en particulier, consultez votre professeur.

Pour chaque source secondaire, faites une fiche bibliographique (voir «Bibliographie» plus bas). Indiquez précisément les références des passages qui vous semblent intéressants, ce qui vous évitera par la suite de longues recherches fastidieuses.

Après avoir relu l’œuvre et avoir fini vos lectures secondaires, revoyez la liste de vos idées, complétez-la, modifiez-la et faites un plan. Il est extrêmement important que vous classiez vos idées et que vous organisiez votre argumentation de manière à convaincre votre lecteur. N’oubliez pas que vous écrivez pour quelqu’un.

L’introduction

L’introduction consiste à présenter de façon intéressante le sujet à un lecteur qui ne le connaît pas. Il ne faut donc pas commencer par un démonstratif qui renvoie au sujet proposé. N’écrivez pas: «Ce sujet nous semble particulièrement intéressant» ou «Cette citation soulève le problème de…». Même si vous avez écrit le sujet sur la première page, la convention veut que le lecteur ne le connaisse pas.

N’écrivez pas non plus: «Dans cette dissertation, il faut étudier…». Faites oublier à votre lecteur qu’il s’agit d’un devoir que vous devez faire.

Si le sujet consiste en une question du genre: «Que pensez-vous de la citation suivante…» ou «Analysez et discutez la citation de X…», ne répondez pas dans l’introduction; sinon votre lecteur n’aura plus envie de lire la suite et pourra vous accuser de parti pris. Vous ne pourrez répondre qu’après avoir analysé les différents arguments. N’écrivez donc pas: «Le critique X a tout à fait raison (ou tort)»… ou «Je ne suis pas du tout d’accord avec M. X. quand il écrit que…».

Votre introduction doit être complète. Après l’avoir lue, le lecteur doit avoir une idée précise du sujet que vous allez traiter et de l’œuvre (ou des œuvres) que vous allez étudier.

Lorsque le sujet consiste à analyser une citation, présentez-la dans son ensemble si elle est brève. Résumez-la si elle est trop longue, en faisant bien attention de ne pas oublier d’élément important. Vous pouvez aussi, dans l’introduction, présenter brièvement la démarche que vous allez suivre.

Votre introduction doit être stimulante et donner au lecteur l’envie de lire la suite, susciter sa curiosité. Évitez donc les clichés du genre: «Madame Bovary, ce chef d’œuvre du XIXe siècle…» ou «Albert Camus, le plus grand écrivain du XXe siècle…».

Le développement

S’il s’agit d’un sujet comparatif du genre «Analysez la société dans trois des romans au programme», ne traitez pas les trois romans l’un après l’autre mais trouvez des éléments de comparaison et d’opposition.

S’il s’agit d’un sujet argumentatif, ne donnez pas uniquement une argumentation en faveur de votre thèse. N’oubliez pas que vous vous adressez à un lecteur critique que vous cherchez à convaincre mais qui pourrait vous opposer certaines objections. Dans un premier temps tenez compte de ces objections, puis nuancez-les ou contestez-les par vos propres arguments.

Votre développement doit être complet. Vérifiez que vous n’avez pas oublié d’élément important et que vous avez bien traité tous les aspects du sujet.

Ne résumez pas l’œuvre (ou les œuvres). Cela est totalement inutile car votre lecteur ou votre lectrice la (les) connaît.

Évitez le hors-sujet. Vous avez parfois tendance à vouloir montrer que vous connaissez bien l’œuvre et le cours et à vouloir tout dire. Il ne s’agit pas de «régurgiter» des connaissances mais de les utiliser pour nourrir votre propre réflexion.

Pour convaincre votre lecteur, utilisez des exemples bien choisis, tirés de l’œuvre. Pour renforcer un argument, vous pouvez aussi faire appel à vos lectures critiques. Mais n’abusez pas des citations: une dissertation n’est pas un «puzzle» composé des opinions de différents critiques. Il s’agit avant tout d’une réflexion personnelle.

N’oubliez pas qu’une dissertation est un moyen de montrer que vous êtes capable de raisonner. On ne vous demande ni de donner vos «impressions», ni de porter un jugement moral. Évitez donc les assertions du genre «J’ai été très triste en lisant Eugénie Grandet», ou «Vautrin est vraiment un personnage répugnant».

Relisez votre développement en tenant compte de tous ces éléments. Vérifiez la progression logique, la cohérence:

  • Les idées s’articulent-elles bien entre elles?
  • Est-ce qu’il n’y a pas de contradictions?

Pour souligner les articulations logiques, n’oubliez pas les termes de liaison (les connecteurs) qui mettent en valeur les différentes étapes de votre analyse.

La conclusion

Dans la conclusion, vous devez faire une synthèse des différents éléments analysés dans le développement et, s’il s’agit d’un sujet argumentatif, vous devez apporter une réponse à la question posée.

Dans la conclusion, ne vous contentez pas de répéter ce que vous avez dit dans votre introduction.

N’apportez pas, dans votre conclusion, d’arguments nouveaux que vous auriez «oublié» d’aborder dans votre développement.

Après avoir fait la synthèse, vous pouvez terminer par un bref élargissement.

La bibliographie

La bibliographie doit être placée sur une page à part, à la fin de votre travail. Elle doit contenir toutes les sources que vous avez utilisées (livres, articles). C’est le moment d’utiliser les fiches que vous avez faites au cours de vos lectures.

Assurez-vous d’uniformiser la présentation de votre bibliographie. Vous avez le choix entre plusieurs modèles, mais règle générale, en français, les titres d’ouvrage sont soulignés (ou en italiques), alors que les titres d’article ou de chapitre sont placés entre guillemets. Voici des exemples de présentation:

  • livre: Nom, prénom de l’auteur, Titre, Ville, Éditeur, année. exemple: Baudot, Alain, Protocole de rédaction, Toronto, Édition du GREF, 1992.
  • article: Nom, prénom de l’auteur, «Titre de l’article», Titre de la revue, volume, numéro, année, première et dernière pages. exemple:Forestier, Georges, «Imitation parfaite et vraisemblance absolue. Réflexions sur un paradoxe classique», Poétique, V, 21, 1990, p. 187-202.
  • chapitre de livre: Nom, prénom de l’auteur «Titre du chapitre» dans Prénom et Nom du responsable de la publication (sous la dir. de) Titre du livre, Ville, Éditeur, année, première et dernière pages. exemple:Biasi, Pierre-Marc de, «La Critique génétique» dans Daniel Bergez (sous la dir. de), Introduction aux méthodes critiques pour l’analyse littéraire, Paris, Bordas, 1990, p. 5-40.
4. Remarques particulières pour les travaux de linguistique

On recherche dans les travaux de linguistique:

1. L’analyse:

En général, il s’agit de faire une analyse de données, que ce soit du point de vue phonologique, syntaxique ou morphologique, etc. L’exercice peut aussi être une comparaison de deux langues, de la langue standard par rapport à un dialecte.

2. La règle:

Après avoir fait l’analyse, il convient de donner la règle ou une généralisation qui soit valide pour les données étudiées. Après avoir analysé les données selon des critères linguistiques, il faut essayer de trouver une explication qui rende compte du phénomène représenté.

Un travail doit montrer:

  • une analyse. Il faut présenter une analyse ordonnée et détaillée du corpus. Il faut présenter tout le travail. Il est très important de montrer toutes les étapes qui permettent d’atteindre la règle générale.
  • des exemples. Les exemples aident à illustrer les points essentiels de l’analyse. Ce sont les exemples qui fournissent le support du travail d’analyse.
  • de la clarté. Il faut que le travail soit présenté d’une façon claire, comme on le fait dans les sciences exactes.
  • de la précision. En linguistique, il est important d’être précis (parfois à la lettre près). La rédaction de ce genre de travail doit se faire d’une façon systématique et précise.

B. L’exposé oral

1. Règles générales

L’exposé est un exercice souvent pratiqué dans l’enseignement universitaire et tout particulièrement dans un cours de langue où l’accent est mis sur le développement des compétences orales des étudiants.

Il y a sans doute autant de façons de présenter un exposé oral qu’il y a de sujets. Les lignes qui suivent se proposent donc de ne suggérer que des conseils méthodologiques, des suggestions générales pour vous aider dans votre démarche. Il vous faudra ainsi adapter cette méthode en fonction du sujet, du thème et de la perspective critique que vous aurez choisis.

Rassembler, organiser une documentation pour la présenter avec efficacité, telles sont les trois opérations qui ponctuent l’exercice de l’exposé oral. C’est votre personnalité et votre aisance à communiquer -- qui s’acquiert par l’expérience -- qui agrémenteront votre présentation en classe.

Une fois le matériel recueilli, il est impératif de bien réfléchir à la structure de votre présentation: un exposé désordonné est difficile à suivre. Inutile, dans ce cas-là, de compter sur la participation de votre public dans la discussion qui suivra. Pour l’organisation et la rédaction de votre travail, consultez les pages consacrées aux travaux écrits, section VI.A.1.

Concentrez-vous sur l’analyse du sujet: les auditeurs seront alors en mesure de participer au débat que vous aurez provoqué. Enfin, une bonne synthèse, surtout si elle s’accompagne d’une affirmation provocante, peut déclencher beaucoup de réactions.

Il est inutile de truffer votre exposé d’un vocabulaire difficile, trop spécialisé, voire hermétique. Il est cependant recommandé de préparer et de distribuer une liste de vocabulaire utile relié au sujet présenté. Cette liste permettra à vos collègues de mieux participer à la discussion, d’élargir leur vocabulaire et de mieux mémoriser les mots que vous utiliserez. S’il y a des mots dont vous devez chercher la signification dans un dictionnaire et que vous jugez pertinents pour le sujet, mettez-les sur la liste.

Résistez à la tentation des statistiques: une surabondance de chiffres alourdit le discours et déconcentre le public. Il vaut mieux choisir quelques exemples et les remettre sous forme écrite. On peut, par exemple, distribuer des diagrammes et les interpréter en groupe.

En rédigeant un exposé, il faut veiller à la grammaire. Les fautes de grammaire de base sont impardonnables. Utilisez les structures que vous maîtrisez bien, mettez en application certaines formes que vous venez d’apprendre afin de les fixer. Les erreurs de conjugaison des verbes au présent, y compris les verbes irréguliers souvent utilisés, les fautes de pronoms et les fautes d’accord de genre et de nombre font très mauvaise impression.

Présentation

Le jour de l’exposé arrive et vous devez parler devant la classe. Un conseil essentiel pour réussir : faites la présentation chez vous, avant de l’exécuter en classe. C’est une des meilleures méthodes d’ailleurs pour dominer le trac. Après quelques répétitions chez vous, la présentation en classe sera beaucoup moins effrayante. Vous vous sentirez suffisamment à l’aise pour ne pas vous inquiéter de son déroulement, ni trop vous perdre dans les détails «techniques» de l’exécution (distribution de feuilles, utilisation des documents et d’appareils audiovisuels, pauses, questions, etc.). Ces répétitions vous serviront aussi à bien calculer la longueur de votre exposé, car il est important de ne pas dépasser le temps alloué. Il est bon de finir au moment où les gens ont encore du plaisir à vous écouter. Les exposés trop longs (on demande d’habitude 10 à 15 minutes) ennuient l’auditoire et désorganisent le cours.

Avant de passer au cœur du problème, il serait bon de présenter brièvement le sujet, de distribuer la liste de vocabulaire et de la commenter en français. La présentation d’un plan (vous pouvez le distribuer aux étudiants) donnera au travail un aspect réfléchi et structuré, et permettra au public de mieux suivre le fil de votre pensée.

Au moment de la présentation il est alors trop tard pour poser des questions théoriques à l’instructeur. Si vous avez des doutes au sujet du vocabulaire, de la grammaire ou du contenu, il faut en parler avant, en classe ou pendant les heures de bureau. Le jour J, c’est à vous d’assumer le rôle d’animateur et de présenter le produit final de votre travail.

Un autre conseil essentiel: il faut à tout prix éviter de lire. Un exposé n’est pas un exercice de lecture. L’exposé est un exercice de communication orale qui sert à pratiquer, renforcer et améliorer l’aptitude à s’exprimer, à raconter, à poser des questions et à y répondre.

Il ne faut pas vous laisser traumatiser par l’expérience de l’exposé. Débarrassez-vous autant que possible de la timidité et du trac. À y réfléchir un peu, la crainte éventuelle est une question d’environnement. Gardez en mémoire que ceux et celles qui vous écouteront vont bientôt se retrouver dans la même situation que vous. Si vous vous imaginez à la terrasse d’un petit café en train de raconter à vos amis francophones ce que vous avez lu, vu ou entendu et ce que vous en pensez, la situation deviendra beaucoup plus détendue et même agréable.

2. Remarques particulière sur l’exposé oral dans les cours de langue

Contrairement à un cours de littérature ou d’histoire, l’exposé dans un cours de langue sert de prétexte pour créer une situation de communication. Vous devrez, à la fin de votre exposé, répondre aux questions de vos camarades de classe et animer une discussion sur ce que vous venez de dire. Une bonne connaissance du sujet et l’acquisition du vocabulaire approprié pendant sa préparation vous mettront à l’aise et vous donneront une meilleure confiance en vous.

L’exercice doit révéler que vous êtes capable de parler en public dans une langue étrangère, au moins pendant quelques minutes. Cette expérience doit vous aider à surmonter le sentiment de malaise qu’on éprouve d’habitude lorsqu’on doit parler longuement dans une langue que l’on étudie. Chaque fois que vous vous retrouverez dans des circonstances analogues, vous parviendrez à mieux dominer la peur de vous entendre parler en français et dans le silence absolu de la salle de classe. Cet exercice vous permettra également d’intervenir plus facilement et de façon plus naturelle dans les cours.

La participation de tout le groupe à la discussion est une occasion de mettre en pratique certains actes de parole:

  • exprimer son opinion, ses sentiments, son accord, son désaccord
  • raconter une histoire
  • demander des précisions ou un complément d’information.

L’exposé établit en classe un nouveau type de relation étudiant-professeur. Le jour de votre exposé, c’est vous qui jouerez le rôle de l’animateur. L’instructeur deviendra alors un des membres ordinaires du groupe, cessera d’intervenir, et se mettra à prendre des notes; mais il pourra, à son tour et sans monopoliser la parole, poser des questions, réorienter la discussion, voire encourager les timides.

Pour le groupe, la discussion qui suit l’exposé est une occasion de mieux se connaître, de découvrir les opinions, les expériences individuelles et la personnalité de ses camarades de classe. Cela contribue à diminuer la méfiance qui règne souvent dans les groupes dont les membres ne se connaissent pas.

Le choix du sujet

Chacun de nous a au moins une fois dans sa vie assisté à la présentation d’un conférencier, bien connu dans son domaine, qui parlait difficilement une langue étrangère. Dans ce cas les insuffisances linguistiques ne gênent pas outre mesure puisqu’on est venu l’écouter pour acquérir un certain savoir, et non pas pour apprécier sa maîtrise de la langue. Dans un cours de langue la situation est quelque peu différente, puisqu’il s’agit de perfectionner les compétences orales de compréhension et de production. Ce qui est alors le plus important, c’est la façon dont le conférencier s’exprime, se fait comprendre et entre en contact avec son auditoire. Le but principal est de bien employer ou d’améliorer ses compétences linguistiques tout en informant son public. Il faut profiter de la liberté dans le choix des sujets pour traiter de ce qui vous intéresse personnellement. Il est plus facile de parler de quelque chose qui vous tient à cœur, car vous avez déjà une idée claire de la question.

Il est également bon de choisir des sujets controversés. Les sujets qui ne suscitent aucun désaccord seront peu propices à la discussion. De plus, les sujets controversés offrent la possibilité de présenter le pour et le contre et d’inviter l’auditoire à prendre position et à justifier cette position. Et si votre sujet suscite des réactions, il en résultera automatiquement une discussion animée.

Il est préférable de consulter l’instructeur lors du choix du sujet d’exposé. Certains sujets sont plus délicats à traiter que d’autres. Il faut vous préparer à la controverse, en tenant compte de vos intérêts et du respect dû à vos collègues.

Préparation et présentation de l’exposé

La première étape consiste à rechercher des documents de soutien, des exemples et des données précises provenant, par exemple, de la presse, de la radio, de la télévision, de livres, etc. Un exposé bien documenté témoigne du sérieux de la recherche et reflète le travail de préparation qui a précédé la rédaction.

  • Il vaut mieux s’appuyer sur des informations publiées en français. On évite ainsi la traduction, ce qui fait gagner beaucoup de temps et vous fait éviter tous les anglicismes qui risquent de s’insérer dans une traduction d’amateur.
  • Il est souhaitable de donner à vos collègues les références des documents utilisés (source, titre, auteur, type de publication, autres indications), mieux, les apporter en classe. Gardez en tête que ces documents ne servent qu’à alimenter la réflexion. En insérer des parties entières sans en mentionner la source soulèverait le problème du plagiat.

La présentation sera sans doute plus efficace si vous y incorporez du matériel audiovisuel, et aura l’avantage d’agir sur tous les sens: des illustrations, des images, des affiches, des diapositives, des enregistrements sonores et des cassettes vidéo ravivent l’ambiance, stimulent l’attention et réveillent les distraits. On ne peut pourtant pas en faire la seule raison d’être de la présentation. Il faut que les documents audiovisuels soient brefs et qu’ils servent uniquement de courte introduction, d’illustration efficace ou d’ouverture à la discussion. Il ne s’agit pas de passer dix minutes à regarder un film, et il ne faut pas s’imaginer qu’une émission de télévision va vous dispenser de bien préparer votre exposé. Les documents audiovisuels ne sont pas une solution de facilité et, pour qu’ils jouent bien leur rôle, il faut savoir les intégrer dans votre présentation et aussi savoir les exploiter. En ce qui concerne l’équipement, n’oubliez pas de signaler à l’instructeur les appareils dont vous aurez besoin car il faut souvent les réserver au moins une semaine à l’avance.

Comme on l’a déjà mentionné, la longueur des exposés dans un cours d’oral ne dépasse jamais 20 minutes. Si vous êtes bien préparé vous n’aurez aucune difficulté à meubler le temps. Il faut se servir d’un plan et de notes comme aide-mémoire; il est souhaitable de les écrire en gros caractères lisibles. Une bonne technique consiste à préparer des notes sur des fiches numérotées que vous consulterez l’une après l’autre. Si vous avez bien profité de la préparation et de la répétition (c’est à ce moment-là que vous avez pu lire et relire votre texte), vous n’aurez pas de difficulté à parler en vous aidant de temps en temps de vos notes. En utilisant une langue qui correspond à votre niveau de connaissance en français, vous serez en mesure de bien vous exprimer même en vous éloignant un peu du texte originalement conçu. Encore une fois: ce sont vos efforts, vos progrès et le sérieux de votre travail qui seront évalués, et non pas la correction absolue et idéale de votre production. Les instructeurs préfèrent un travail consciencieux à une obsession de bonnes notes.

Vers la fin de l’exposé, il faut formuler quelques questions et problèmes à développer pendant la discussion avec votre public. Il est bon de laisser les gens parler d’eux et de leurs expériences personnelles: ils discuteront alors avec plaisir et auront des choses à dire. Vous devrez aussi faire attention à ce que disent vos collègues étudiants, commenter leurs exemples et essayer de suivre les idées intéressantes qui en émanent. Autrement, ce qui aurait dû être une discussion risque de se transformer en un échange improductif.

3. Remarques particulières sur l’exposé oral dans les cours de littérature

Dans ses grandes lignes, l’organisation de l’exposé oral suit celle de la dissertation (voir plus haut), mais rappelez-vous que la performance orale exige une plus grande schématisation et certaines répétitions, inutiles dans un travail écrit.

Une fois les informations ou documents rassemblés, il s’agit de les organiser suivant un plan fondé sur une problématique. Sans elle, votre exposé risque d’ennuyer votre auditoire et de ne pas vous valoir une très bonne note, malgré le temps que vous aurez passé à le préparer (voir section VI.A.1).

L’essentiel est de proposer une réflexion organisée et cohérente et à cet égard, votre méthode est sans doute aussi importante que le contenu du sujet que vous entendez traiter.

La présentation

Il revient à vous de personnaliser la présentation de votre exposé. Sachez exploiter vos talents particuliers.

Il est toujours utile d’indiquer au tableau, en classe, le sujet et le plan que l’on va suivre. Cela facilitera la communication avec votre auditoire.

Selon votre degré de confiance en vous-même, votre degré de maîtrise du français oral, et votre niveau d’étude (premier cycle/ cycles supérieurs) vous pouvez vous aider d’un texte entièrement rédigé dont les articulations principales seront mises en relief par un soulignage ou d’un plan comportant des notes ou des phrases écrites qui constitueront autant de repères qui guideront le déroulement de l’exposé.

S’il vaut mieux éviter de lire devant la classe un texte tout préparé, on éliminera aussi, dans le cas du commentaire de texte, la paraphrase, c’est-à-dire la répétition pure et simple de ce que l’auteur dit déjà, ou bien un discours qui se situe à côté ou en marge du texte. Dans tous les exercices littéraires, l’analyse et la mise en perspective critique doivent primer.

Il est bon d’illustrer un exposé oral au moyen de documents tels que les photographies, diapositives, documents sonores, qui animent la présentation et renforcent l’intérêt de la communication; gardez-vous, toutefois, de reproduire des documents de piètre qualité ou d’autres qui n’apportent rien à la compréhension du sujet. Dessiner librement le «Pont Mirabeau» éclaire fort peu le poème d’Apollinaire.

C. La traduction

Les cours de traduction s’adressent à des étudiants qui ont déjà une très bonne connaissance du français. Offerts en troisième et en quatrième années, les FRE 375, FRE 469, FRE 470, FRE 480 et FRE 481 sont essentiellement des cours qui présentent la traduction comme «outil pédagogique» et non pas comme «traduction dans la règle de l’art» puisque pour pouvoir traduire, il faut connaître à fond la langue que l’on traduit.

Les traductions étant données très à l’avance, vous avez toujours amplement le temps de vous préparer pour faire du bon travail.

La Règle d’Or est de ne jamais attendre la dernière minute pour se lancer tête baissée dans la traduction, mais au contraire de la faire en plusieurs fois (c’est d’ailleurs la même chose pour tout autre travail que vous avez l’intention de faire sérieusement). Vous ne pouvez pas vous permettre d’être sous pression lorsque vous devez réfléchir sur un texte.

 

La préparation

Pour bien se préparer, il faut:

  • Lire et relire patiemment le texte plusieurs fois pour:
    • s’assurer qu’il est compris par rapport: au vocabulaire, au contexte historique/social/politique etc…
    • établir mentalement le premier passage dans l’autre langue (dans cette étape mentale, il s’agit de poser spontanément les premiers jalons du travail, ce qui sous-entend que l’on a cerné les difficultés les plus ardues du texte. Ce travail doit se faire d’abord mentalement parce qu’il permet d’entrevoir ses propres lacunes sans se sentir pour autant obligé de prouver ses connaissances.
    • laisser infuser le résultat de ce premier cheminement et ne plus y penser. Il est très important de ne plus y penser activement. Il faut laisser le souvenir de tout ce premier travail agir sur la mémoire sans le faire consciemment, cela permettra à la traduction dans son ensemble de décanter.
  • Chercher d’autres textes ayant le même thème que la traduction à faire. Cet exercice est très utile parce qu’il permet à la fois de se familiariser avec le vocabulaire et d’en comprendre les utilisations diverses.
  • Se munir des dictionnaires et d’autres aides efficaces, par exemple:
    • des traductions déjà faites sur le même thème ou tout autre livre de la spécialité. A cet effet, l’Ontario étant une province bilingue, on peut trouver énormément de textes publiés dans les deux langues sur des thèmes courants travaillés en classe.
    • des programmes de nouvelles dans les deux langues.
    • les divers annuaires de compagnies commerciales (ex: Canadian Tire, La Baie).
    • tous les prospectus publiés par les agences gouvernementales sont disponibles sur demande en français (ex: Air Canada).

Dans la vie de tous les jours, il faut toujours choisir l’option française toutes les fois que c’est possible. Par exemple, dans les musées, pour les horaires d’autobus ou de cars, au supermarché il suffira de retourner n’importe quelle boîte de conserve pour lire le côté français, etc. Ceci permettra de renforcer constamment le mécanisme de traduction.

Nous venons de voir quel travail de base est essentiel à une bonne préparation; voyons maintenant comment on doit s’y prendre pour traduire le mieux possible.

Une fois le travail de décantation effectué (travail qui ne se fait pas à la va-vite, mais bien au contraire lentement et après mûres réflexions) vous voilà prêt à faire face à la production.

Les niveaux de langue

Il est indispensable d’adopter un niveau de langue qui convienne à la traduction à faire. Il sera déterminé par le destinataire, c’est-à-dire celui pour lequel on traduit. Par exemple:

  • critique d’un film humoristique pour un quotidien à grand tirage (depuis le langage courant jusqu’au langage familier).
  • réclame pour une Jaguar (depuis le langage soutenu jusqu’au langage précieux).

Le niveau de langue sera le même tout au long de la traduction pour assurer l’équilibre du texte. Le niveau de langue se repère:

  • aux verbes utilisés.
    • Il y a une différence notable entre:
      • «Le beau paysage faisait rêver» et
      • «La beauté du paysage portait au rêve»
  • à la qualité des adjectifs sélectionnés.
    • Notez la différence entre:
      • «Elle avait un beau regard bleu irrésistible» et
      • «Elle avait un regard azuré irrésistible»
  • aux adverbes employés.
    • Jugez vous-mêmes:
      • «Il se présenta bien vêtu» et
      • «Il se présenta élégamment vêtu»

Les registres

On utilise un registre différent selon la situation linguistique du texte.

Le thème en fixe le registre: on n’utilise pas le même registre lorsqu’on traduit une réclame pour une compagnie d’aviation (technique) que lorsqu’on traduit une lettre de demande d’emploi (politesse) ou encore une page de prose (littéraire).

Une fois le niveau de la langue et le registre choisis ; vous voici face au texte. Vous savez à quel public vous vous adressez. Ça y est: le travail proprement dit commence.

Vous avez lu et relu le texte, aucun détail ne vous échappe. Le niveau de langue est établi le registre choisi que vous reste-t-il à faire?

Étape spontanée

Traduisez d’une façon spontanée en vous basant sur vos connaissances latentes (déjà acquises) ce qui vous permettra de produire un texte fluide et naturel. Ce texte produit sera plein de blancs évidemment, puisque il vous manque le vocabulaire adéquat. C’est sur cette base que vous construirez tout le reste de la traduction. Souvenez-vous que cette première traduction «spontanée» n’est que la première ébauche sur laquelle il faudra revenir maintes et maintes fois pour construire la traduction acceptable.

Passer du spontané au réfléchi

Votre traduction-cadre est finie, il faut y insérer les mots que vous ne connaissiez pas. Là, commence le travail ardu de celui ou de celle qui traduit.

Ce mot inconnu, comment et ou le trouver et surtout comment choisir parmi les multiples possibilités que les différents dictionnaires offrent?

Cette étape est la plus importante, il s’agit de trouver le mot juste, celui qui reflète le mieux la situation linguistique du texte et qui évoque le mieux le contexte précis de cette traduction. Souvent les étudiants ont tendance à chercher dans un seul dictionnaire et à prendre le premier mot mentionné. Ceci entraîne des non-sens des faux-sens et même bien souvent des aberrations pures et simples.

Il faut donc:

  • travailler avec plusieurs dictionnaires (pour pouvoir comparer les nuances multiples des termes et par recoupement pouvoir choisir le terme qui convient au contexte).
  • retravailler la syntaxe spontanée pour que le nouveau terme s’insère correctement dans la phrase proposée.
  • remanier le paragraphe pour que la traduction soit équilibrée (c’est-à-dire éliminer les phrases trop longues ou trop lourdes).

Cette étape se fait en consultant constamment la traduction source. Le va-et-vient entre l’anglais et le français s’effectue patiemment au niveau de chaque phrase et même de chaque partie de phrase.

Passer du réfléchi au «critique»

La traduction que vous avez maintenant devant vous est terminée en ce qui concerne le sens général du texte traduit.

  • Elle colle au texte source (c’est-à-dire qu’elle le suit pas à pas).
  • Elle est correcte grammaticalement (les sujets et les verbes correspondent, les accords d’adjectifs, de pluriels de noms. etc., sont faits).
  • La syntaxe en est bonne.

La traduction vous paraît finie et prête à être rendue. Il reste pourtant encore cette étape indispensable qui est celle de «la critique». C’est lors de cette étape que vous passerez de la traduction «acceptable» à la «bonne» traduction. Grâce au sens critique que vous exercerez en relisant encore une fois votre traduction, vous pourrez y mettre les dernières touches qui donneront à votre texte final des nuances tout à fait personnelles qui feront que la traduction sera bien vôtre et que vous ressentirez ce plaisir inégalable que procure la réalisation d’un travail bien fait. Vous aurez formulé les phrases qui vous conviendront au point de vue grammatical, syntaxique et surtout qui révéleront, tout en se rattachant au texte initial votre propre sens de la langue. Chacun de vous a une façon de s’exprimer dans sa langue maternelle, c’est au cours de cette dernière étape que vous trouverez votre personnalité dans la langue cible et que vous constaterez que désormais, elle est quasiment naturelle.

C’est en rédigeant plusieurs fois la traduction que vous arriverez à la formuler d’une façon de plus en plus spontanée dans une langue qui au départ n’est pas la vôtre.

Lisez et relisez, écrivez, réécrivez une fois, deux fois, dix fois et plus. N’oubliez pas que «C’est en forgeant qu’on devient forgeron».

 

Revue Arborescences

Considérant que rien de ce qui touche la langue française ne lui est étranger, la revue Arborescences se veut un espace de réflexion sur les enjeux actuels des études françaises aussi bien en littérature, en linguistique qu’en didactique.

History of the Department

French Studies at the University of Toronto 1853-1993